Nos représentations

Une histoire que j’utilise souvent comme support de réflexion en consultation.

Une histoire édifiante.

Un employé des chemins de fer était entré dans un wagon frigorifique pour le nettoyer, et la porte s’était refermée derrière lui. Et le voilà enfermé dans ce wagon frigorifique. Comme c’était un vendredi soir, il est resté tout le week-end dans ce wagon frigorifique et évidement il est mort de froid. Or, la réfrigération n’était pas branchée et la température était de 18° dans le wagon.

Lors de l’autopsie, son corps a montré tous les symptômes d’une mort par refroidissement. Mais cet homme n’est pas mort du refroidissement. Il est mort de la représentation qu’il avait du froid. .Il est mort de son imaginaire.

C’est quelque chose d’extraordinaire. Nous vivons et nous mourons souvent de nos images et non de la réalité. A petit feu, jour après jour. La réalité ne peut rien contre nous. La réalité n’a pas de pouvoir contre nous. C’est la représentation que nous en avons qui nous tue ou qui nous fait vivre.

Imaginez le contraire. Imaginez un employé des chemins de fer enfermé dans un wagon frigorifique branché mais qui survivrait en visualisant le soleil tout un week-end. C’est aussi possible. Bien sûr que c’est possible. Et chacun à notre niveau nous pouvons le faire, pour ne pas nous aussi mourir de froid, laisser nos corps et nos coeurs mourir de froid.

Nous avons toutes et tous en nous ce fabuleux pouvoir d’agir sur notre réalité.

Un pouvoir qui ne demande qu’à être utilisé.

Nos blessures, parlons-en

Nos blessures, parlons-en.

Nous avons souvent tendance à ne vouloir montrer que notre côté lumineux, lisse. Notre côté soleil et remiser au fond, tout au fond de nous, nos blessures, nos chagrins, en nous persuadant que tout va bien, que cela finira par s’estomper tout à fait, comme si cela n’avait jamais eu lieu.

Parfois même, nous avons honte et nous nous sentons faibles devant certains accès de tristesse à l’évocation de tel ou tel souvenir. Notre vulnérabilité, notre partie la plus sensible. Notre partie blessée qu’il nous est si difficile d’accepter, de regarder en face, d’exposer.

Connaissez-vous l’art du Kintsugi ?

Cette technique ancestrale, découverte au XVème siècle au Japon, consiste à réparer un objet en soulignant ses lignes de failles avec de la véritable poudre d’or, au lieu de chercher à les masquer. Le mot Kintsugi vient du Japonais Kin (or) et Tsugi (jointure), et signifie donc littéralement jointure à l’or. L’art du Kintsugi est appelé le Kintsukuroi, signifiant « raccommodage à l’or ». Il s’agit d’un processus de réparation long et extrêmement précis, se déroulant en de nombreuses étapes, sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. On dit même qu’il faut parfois un an pour réaliser le meilleur Kintsugi. Les éclats de l’objet cassé sont tout d’abord réunis un à un, puis nettoyés, et recollés avec une laque traditionnelle naturelle issue de l’arbre laquier. L’objet est mis à sécher, puis poncé. Ensuite, ses fissures sont soulignées de couches de laque successives et, finalement, saupoudrées d’or, ou de tout autre métal en poudre (argent, bronze, laiton, cuivre…), qui, se mêlant intimement à la laque encore humide, donne l’illusion d’une coulée de métal. Puis elles sont polies.

L’objet peut alors révéler tout son éclat.

Le Kintsugi va bien au-delà d’une simple pratique artistique. Il s’élève au rang de philosophie de vie. On touche là à la symbolique de la guérison et de la résilience. Soigné, puis honoré, l’objet cassé assume son passé, et devient paradoxalement plus résistant, plus beau et plus précieux qu’avant le choc.

Cette métaphore de l’objet brisé éclaire d’une façon nouvelle chaque étape de tout processus de guérison, qu’il s’agisse d’une blessure physique, ou émotionnelle. Identifier les parties de nous brisées, abîmées, leur apporter compréhension, bienveillance, en laissant du temps au temps, en se faisant accompagner si besoin.

Prendre soin de soi, de son corps, de son âme, « recoller les morceaux », et surtout ne plus jamais cacher ses cicatrices. Elles sont des témoins précieux de notre vie, et méritent attention et amour.

Elles nous donnent tout notre éclat, tel un objet brisé, passé entre les mains experte d’un maître du Kintsugi.

La blessure de rejet

Quel que soit votre âge, ne pas se sentir aimé, c’est se sentir repoussé.

Gabrielle CHANEL

La blessure de rejet

Une blessure d’âme marquante et profonde qui affecte significativement la vie de ceux qui en souffrent, qui vivent avec le sentiment de ne pas mériter d’être aimés. Une blessure qui prend racine dans l’enfance ou lors d’une première histoire d’amour. L’incompréhension, l’absence de mots, d’explications font que celui ou celle qui en est porteur va ériger des barrières paradoxalement sensées le protéger mais qui ne feront que l’isoler.

Une personne victime d’une blessure de rejet aura tendance à adopter le masque du fuyant, à saboter toute relation naissante, à ne pas s’autoriser la rencontre, à prendre le risque de la connexion à l’autre et à s’enfermer dans une solitude sensée le protéger et lui éviter le risque d’être à nouveau rejeté.

Toute blessure peut se soigner, se refermer et cicatriser. Et la blessure de rejet n’y fait pas exception.

Pour couper définitivement court aux schémas répétitifs, il est nécessaire d’entreprendre une vraie introspection, pour reprendre confiance en soi, en sa valeur et en sa capacité à être aimé pour qui l’on est, en toute authenticité.

Rien n’est figé ni immuable et regarder sa blessure en face permettra d’avancer sur un chemin différent et d’être en mesure de répondre à ses besoins affectifs et relationnels de manière mature et responsable..

A tout âge.

Les mots que l’on ne dit pas

Les mots que l’on ne dit pas..

Savez vous où vont les mots que l’on ne dit pas ?

Ces mots qui n’ont jamais franchi le seuil de nos lèvres. Ces mots que l’on a parfois oubliés, à force de repousser le moment opportun de les prononcer. « Je t’aime », « attends-moi », « pardon » et d’autres encore.

Nous avons chacun les nôtres. Nous en avons toutes et tous tellement de ces mots, bien cachés, enfouis au tréfonds de nous.. On aimerait tant qu’ils restent là où ls sont, dans la chambre obscure de l’oubli.

Mais ces mots non-dits sont facétieux et ne l’entendent souvent pas de cette oreille. Ils ont même l’arrogance, l’outrecuidance de prendre un autre patronyme. Ils ont décidé de se prénommer MAUX et ce sont eux à présent qui mènent la danse et imposent leur rythme.

Ils se faufilent dans notre corps, ici ou là. Une épaule qui fait mal, sans raison. La gorge ou la poitrine serrée, une nuque douloureuse, des insomnies, une frustration, un mal-être..

Au début, les mots sont timides. Ils murmurent. Osent à peine prendre leur place. Et puis, devant notre impassibilité, ils se mettent à crier et parfois à hurler de plus en plus fort.

Oui.

Voilà où vont et ce que font tous ces mots que l’on ne dit pas.

Ils ne meurent pas.

Jamais.

Ils nous tuent.

Transformation

Transformez vos lignes de failles en lignes de forces.

Vos blessures.

Vos manques.

Vos POURQUOI ?

Acccueillez-les. Avec douceur et bienveillance. Donnez-leur tout l’espace possible pour exister. Faites-les vivre. Elles font partie de vous. Et peu à peu, vous serez étonné-e. Elles vous feront de moins en moins souffrir. Parce qu’elles ne se sentiront plus rejetées, mais accueillies telle une partie de vous.

Vos lignes de failles deviendront vos plus belles victoires.
Vos lignes de force.